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1.02.2014

Sydrome d'Asperger chez l'enfant

Le syndrome d'Asperger a été identifié dans les années 40 par le psychiatre du même nom. Il fait référence à une anomalie neurologique qui fait partie des troubles envahissants du développement (TED). Encore aujourd'hui, les spécialistes sont divisés et ne s'entendent pas toujours sur la définition de la maladie. Certains la considèrent comme un trouble spécifique, alors que d'autres l'assimilent à une des manifestations de l'autisme de haut niveau.
Les personnes atteintes du syndrome d'Asperger voient plusieurs de leurs comportements altérés, comme les interactions sociales, la communication et la perception cognitive. En gros, la personne touchée est souvent d'intelligence normale à supérieure et parle bien, mais elle ne parvient pas à décoder les messages de son entourage ni à faire passer ses propres messages aux autres. La personne a donc tendance à se concentrer sur les détails et la routine, et a souvent peur de l'inconnu et de toutes les situations de surprises.
Dans certains cas, le syndrome d'Asperger est associé à d'autres troubles, comme le TOC (trouble obsessionnel compulsif), le trouble anxieux, ou le TDA/H (trouble de déficit d'attention avec ou sans hyperactivité.)

Causes

Plusieurs décennies de recherche scientifique n'ont pas réussi à isoler avec certitudes les causes du syndrome d'Asperger (comme des autres TED). Toutefois, les recherches actuelles semblent trouver les origines de ce trouble dans des défauts biochimiques du cerveau droit, qui est le centre des émotions et du traitement des informations. Il semblerait aussi que le trouble dépende d'une prédisposition génétique.

Qui est touché? Quels sont les facteurs de risque?

Les statistiques diffèrent grandement d'un pays à l'autre, parce que les critères de diagnostic ne sont pas toujours les mêmes. Au Canada, on estime qu'une personne sur 165 souffre d'un trouble appartenant au spectre autistique, ce qui inclut toutes les formes d'autisme, ainsi que le syndrome d'Asperger.
Les garçons sont touchés plus souvent que les filles, dans un ratio de 1 fille pour 4 à 8 garçons, selon les spécialistes.

Contagion

Ce n'est pas une maladie contagieuse.

Les principaux symptômes

Les troubles sont plus ou moins sévères et diffèrent grandement selon les personnes. Les malades n'ont pas de retard de langage ou du développement intellectuel. Dans la majorité des cas, cependant, on remarquera que la personne présente l'un ou plusieurs des symptômes suivant, à des niveaux variables :
  • Difficultés à s'intégrer socialement, isolement.
  • Difficultés à communiquer avec l'entourage.
  • Compréhension littérale : la personne ne comprend pas les jeux de mots, l'ironie, etc.
  • Langage riche, beaucoup de vocabulaire, mais les phrases ne semblent pas faire de sens.
  • Langage corporel et expressions faciales absents, ou alors disproportionnés.
  • Fixation et obsession sur des sujets ou des objets particuliers.
  • Répétitions rituelles de gestes spécifiques.
  • Hypersensibilité aux stimuli extérieurs (lumière, bruits, odeurs.)
  • Naïveté excessive.
  • Mauvaise coordination corporelle (la démarche est bizarre, le regard semble vide.)
En plus des troubles ci-dessus, les personnes qui ont le syndrome d'Asperger ont aussi des qualités reconnues :
  • Très grande mémoire encyclopédique.
  • Perfectionnisme.
  • Sensibilité aux détails.
  • Pensée logique et analytique.
  • Respect des règles.
  • Objectivité inébranlable.

Diagnostic

Le diagnostic final doit obligatoirement être fait par un psychiatre. Lorsque des parents soupçonnent que leur enfant souffre d'un trouble du développement, en général vers 2-3 ans, ils commencent généralement le processus en consultant un pédiatre ou médecin traitant, lequel l'orientera ensuite vers les bonnes personnes (psychologues, intervenants spécialisés et enfin psychiatre).
Il arrive que certaines personnes ne soient diagnostiquées qu'à l'âge adulte, et ce diagnostic survient généralement comme un soulagement, car il explique enfin les difficultés émotionnelles et sociales vécues depuis l'enfance.

Possibles risques de complications

Le syndrome d'Asperger ne se soigne pas, mais il peut être maitrisé si le diagnostic est précoce et si tous les moyens (éducation spécialisée, etc.) sont mis à disposition des personnes touchées. Même s'ils sont toujours perçus comme « bizarres » en société, la plupart des malades diagnostiqués arrivent à vivre normalement arrivés à l'âge adulte, à avoir un travail qui met en valeur leurs talents particuliers.
Toutefois, il peut arriver, surtout à l'adolescence, que la prise de conscience de leur différence cause beaucoup d'anxiété, pouvant mener à la dépression et au suicide.

Traitement

Il n'existe pas de médicament pour réduire les symptômes de la maladie. Dans certains cas, si le patient souffre aussi d'une autre condition (TDA/H, trouble de comportement...), le médecin prescrira un traitement en conséquence, sans que celui-ci puisse avoir une influence sur le syndrome d'Asperger.
L'unique manière d'aider la personne atteinte de vivre avec son handicap consiste à adapter son cadre de vie et ses activités :
  • Encourager les activités routinières, sans imprévus et surprises.
  • Utiliser un langage simple, sans images, sans abstractions, sans jeux de mots.
  • L'accompagner dans une thérapie cognitivo-comportementale, qui avec le temps, lui permettra de gérer l'anxiété, les obsessions, etc. (cela n'est efficace que chez certaines personnes.)
  • Prendre en charge leur éducation : les personnes Asperger peuvent réussir dans le modèle scolaire normal, mais devront généralement être accompagnées par des intervenants extérieurs ou être dans des classes plus petites.

Les troubles du langage chez l'enfant

La prise en charge des troubles du langage chez les enfants et chez les adolescents représenterait environ 60 pour cent de l'activité des orthophonistes. Mais que recouvre cette notion ? S'agit-il de langage oral ou de langage écrit ? De simples difficultés ou de troubles avérés ? L'enfant est-il atteint d'un trouble de l'articulation, de la parole ou du langage, ou ses difficultés traduisent-elles un problème d'interaction avec autrui ?
Dans leur Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, les linguistes ont proposé la définition suivante du langage : « Le langage est la capacité, spécifique à l'espèce humaine, de communiquer au moyen d'un système de signes vocaux (ou langue) mettant en jeu une technique corporelle complexe et supposant l'existence d'une fonction symbolique et de centres corticaux génétiquement spécialisés. Par les problèmes qu'il pose, le langage est le lieu d'analyses très diverses, impliquant des rapports multiples : la relation entre le sujet et le langage, qui est le domaine de la psycholinguistique, entre le langage et la société, qui est le domaine de la sociolinguistique, entre la fonction symbolique et le système que constitue la langue, entre la langue comme un tout et les parties qui la constituent, entre la langue comme système universel et les langues qui en sont les formes particulières [...], tout cela étant le domaine de la linguistique. »
Mais comment ce « langage », spécifique à l'espèce humaine, se développe-t-il chez le petit enfant ? D'ailleurs, le langage se développe-t-il, s'apprend-il, s'acquiert-il ou se l'approprie-t-on ? Nous allons aborder ces différentes questions sur lesquelles se penchent linguistes et psychologues, sociologues et philosophes, orthophonistes et neuroscientifiques.

Le langage se met en place

Selon les psychologues du langage Lev Vygotski (1896-1934) et Jerome Bruner (né en 1915), les débuts du langage se situent dans les comportements de sociabilité de l'enfant : le langage ne peut se développer qu'avec d'autres membres de l'espèce, puisque sa fonction première est de permettre la communication entre pairs. En l'absence de colocuteurs, le besoin et l'envie de « parler » n'existent pas. La question préoccupe depuis longtemps.
On raconte à ce propos qu'au XIIIe siècle, Frédéric II, l'empereur du Saint Empire germanique, voulut savoir quelle était la langue « naturelle » parlée à l'origine par l'homme : il donna l'ordre à des nourrices s'occupant de bébés placés dans une pouponnière de ne jamais leur parler. Alors que Frédéric IIespérait que la langue originelle qui apparaîtrait chez ces bébés « sans influence extérieure » serait le grec ou le latin, ces bébés moururent…
Cette expérience ne fut heureusement pas répétée, et la question des spécificités du langage humain et des conditions nécessaires au développement linguistique a mis du temps à être élucidée. Aujourd'hui, on connaît les conditions indispensables à la mise en œuvre du langage. Énumérons-les : l'appareil auditif et l'appareil laryngé (le larynx) doivent être en interaction, chacun exerçant son contrôle sur l'autre. Le sujet doit être capable de se représenter le monde et les objets absents, de produire et d'utiliser des signes dont le sens est partagé par tous, et d'assembler des mots et gestes signifiants.
Cela nécessite des conditions physiques et physiologiques, mais également des aptitudes cognitives (symbolisation, représentation mentale, abstraction), des capacités mnésiques, ainsi que des conditions psycho-socio-affectives, telles que le désir de communiquer, des interactions sociales ou encore des liens affectifs. En d'autres termes, pour être en mesure de « parler », c'est-à-dire de produire un langage oral, l'être humain doit tout d'abord être en mesure d'entendre les langages parlés autour de lui. Et, au tout début de sa vie, ce sont les langages parlés par...

Les troubles du langage chez l'enfant

Lors des rentrées scolaires, il est assez fréquent que les professeurs et/ou les parents remarquent un trouble de langage chez certains enfants. On estime que 8 à 10 % des enfants seraient atteints d'un trouble du langage. Les garçons sont généralement plus touchés que les filles (de 3 à 5 fois plus de garçons, selon les troubles).
Pour la plupart, le trouble est bénin et passe inaperçu, mais il arrive que certains enfants connaissent de réels problèmes d'apprentissage et d'intégration dus à un ou plusieurs de ces troubles. Mais que sont-ils, exactement? Et comment les traiter?

Quelles en sont les causes?

Problèmes de l'ouïe et de la vue

Les causes sont multiples et souvent difficiles à cerner. Ainsi, chez certains enfants, les troubles seraient une suite logique d'un déficit visuel ou auditif, même si ces derniers ne sont pas la cause première.

Affections génétique et neurologique 

De plus, de nombreuses études portent à croire que ces troubles connaissent une origine génétique et/ou neurologique. Dans tous les cas, avant de poser un diagnostic, le spécialiste s'efforcera d'éliminer toutes les autres options possibles (retard mental, etc.).
Notez que les enfants atteints d'un trouble en particulier peuvent par ailleurs être parfaitement compétents dans d'autres domaines, voire plus précoces que leurs camarades.

Troubles affectifs et psychologiques 

Enfin, dans plusieurs cas, les spécialistes mettent en cause des troubles affectifs et psychologiques chez l'enfant.
Cette théorie a été la plus courante jusqu'au milieu de XXe siècle, mais tend désormais à être détrônée par la théorie génétique et neurologique. Il est par contre évident que dans bien des cas, le trouble cause chez l'enfant une réelle détresse psychologique qui l'empêche de s'intégrer et de s'épanouir socialement.

Les troubles les plus courants

Les troubles du langage, même s'ils pourraient techniquement être découverts à un très jeune âge (2-3 ans), sont dans les faits remarqués lors des premières années d'école des enfants. En effet, on associe généralement les retards langagiers à un développement un peu plus lent chez certains jeunes. Il arrive effectivement que cela soit le cas, mais parfois, les troubles persistent ou s'amplifient au fur et à mesure que l'enfant grandit.

Deux types de troubles du langage 

Il existe plusieurs sortes de trouble, que l'on divise en deux types : les troubles du langage écrit, et les troubles du langage oral. Afin de mettre toutes les chances du côté de l'enfant atteint, il convient de les détecter le plus vite possible, en vue d'offrir les ressources nécessaires aux jeunes.

Les troubles du langage écrit

La dyslexie

C'est un trouble spécifique à l'apprentissage de la lecture. L'enfant qui en est atteint connaîtra des difficultés à identifier et différencier les lettres, les syllabes, les mots. Le diagnostic est généralement posé après que toutes les autres options possibles aient été éliminées (problèmes de vision ou d'audition, retard mental).

La dyscalculie

Elle cause chez celui qui en est atteint des difficultés sévères en tout ce qui a trait aux chiffres, aux calculs mathématiques, aux distances (sur papier et dans l'espace). Par exemple, l'enfant ne parvient pas à apprendre ses tables de multiplication, il confond les signes mathématiques (+, -, *, /), n'arrive pas à lire l'heure, ne sait pas vérifier sa monnaie, distingue mal la gauche de la droite, etc.

La dysgraphie

Ce trouble va souvent (mais pas toujours) de pair avec la dyslexie. L'enfant atteint connaît de grandes difficultés à écrire et accomplir tous les gestes graphiques. Les mots et les lettres sont mal formés, jusqu'à en devenir souvent illisibles. Les espacements entre mots, lettres et syllabes sont irréguliers.

La dysorthographie

Elle se caractérise par une impossibilité à assimiler les règles de production écrite. L'enfant est incapable de se rappeler les règles de grammaire et d'orthographe, de syntaxe, etc. Il ajoute ou supprime des lettres à l'intérieur des mots, écrit le même mot de manière différente dans un même texte (ex : enfan, enfen, anfent), inverse des lettres ou des syllabes complètes à l'intérieur des mots, etc.

Les troubles du langage oral

La dysphasie

Ce trouble est caractérisé par une très grande difficulté dans la compréhension et la communication orale. L'enfant parle un langage télégraphique et approximatif, il déforme les mots, ne pose pas de questions, ne sait pas exprimer de demandes, ne comprend pas lorsqu'on lui parle sans accompagner les mots de gestes, etc. Si, vers l'âge de 3 ans, seuls ses proches le comprennent, il convient de consulter un orthophoniste pour tâcher de remédier au problème avant l'entrée à l'école maternelle.

Le bégaiement

Il s'installe généralement chez l'enfant entre 3 et 7 ans. Avant 3 ans, il est très courant, mais ne devrait pas susciter d'inquiétude puisque l'enfant est encore en période d'apprentissage du langage. Il touche le débit de la parole et est caractérisé par une répétition fréquente et involontaire de sons et syllabes, ainsi que par des hésitations et de nombreuses pauses inappropriées dans le discours.
Notez cependant que ce trouble disparaît le plus souvent à l'âge adulte (seulement 1 % des adultes sont touchés, contre 6 % d'enfants). De plus, il arrive fréquemment que ce trouble soit « déclenché » après un évènement externe (traumatisme, naissance ou décès dans la famille immédiate).

Les troubles d'articulation

Ces troubles sont d'origine physique. Ils consistent en une incapacité à prononcer certains sons, une confusion entre des sons (par exemple : s et ch, r et l). C'est généralement la position de la langue ou des dents qui est mise en cause. Il est aussi possible qu'une malformation congénitale (bec-de-lièvre) soit à l'origine du trouble d'articulation.

Comment détecter et traiter les troubles du langage

Bien sûr, dans le cas de troubles du langage oral, les parents seront généralement en mesure de détecter le problème de leur enfant assez précocement.

Le rôle du professeur

La chose n'est pas aussi simple pour les troubles du langage écrit. Ici, dans la grande majorité des cas, c'est l'enseignant de votre enfant qui détectera le trouble. Généralement, il faudra attendre au moins 2 trimestres (parfois une année complète) afin de poser un diagnostic final, puisque des difficultés normales d'apprentissage peuvent parfois fausser les symptômes.

Consultation professionnelle

Dans tous les cas, il convient de consulter des professionnels qualifiés (orthopédagogue, psychopédagogue, orthophoniste, etc.) qui sauront vous guider et offrir un suivi approprié à votre enfant. Le spécialiste tâchera alors de vous donner des outils (tant pour vous que votre enfant) afin de vous aider à adapter les apprentissages.

Réagir vite 

Lorsqu'ils sont traités assez tôt, ces troubles ne causeront que peu de problèmes à l'apprentissage global de votre enfant. Si vous ne savez pas à qui vous adresser, parlez-en d'abord à votre médecin de famille ou à votre CLSC, ils sauront vous guider vers la bonne personne.
Par contre, n'hésitez pas trop longtemps et ne perdez pas de temps dès que vous soupçonnez un trouble du langage chez votre jeune. En effet, plus tôt vous entreprendrez les séances de réadaptation, meilleures seront ses chances. Si vous attendez trop, votre enfant pourrait développer une grande insécurité dans le milieu scolaire et ses échecs répétés le convaincront (même si c'est absolument faux) qu'il est plus « bête » que les autres.

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie